Quelles sont les décrets anti-déchets concernant les restaurants ?

D’après l’ADEME, le secteur de la restauration est l’un des plus importants producteurs de bio-déchets, avec plus de 7 milliards de repas servis tous les ans. Cela se traduit par environ 900 000 tonnes de bio-déchets générés : denrées périmées, rebuts de préparation, reliefs de table... Plus en détails, la restauration collective (en milieu scolaire, social, hospitalier…) génère un volume de déchets de 500 000 tonnes par an. Elle dépasse ainsi le volume de bio-déchets de la restauration commerciale, de 400 000 tonnes tous les ans, avec une moyenne de 15 à 16 tonnes par établissement. La restauration commerciale produit, quant à elle, environ 9 tonnes par établissement. La collecte et la revalorisation de ces bio-déchets sont, de ce fait, devenues de véritables priorités dans la politique nationale. 

Grâce à la loi Grenelle 2, le tri sélectif est obligatoire dans la plupart des restaurants depuis juillet 2010. Mais c’est seulement depuis le 1er janvier 2016 que cette loi s’ouvre à plus d’établissements puisqu’elle concerne désormais les établissements qui produisent au minimum 10 tonnes de bio-déchets par an, soit environ 230 repas par jour. Une vraie avancée puisqu’en 2012, la loi s’appliquait uniquement aux restaurants qui dépassaient le seuil de 120 tonnes annuelles. Le non-respect de cette mesure peut entraîner une peine de 75 000 € d’amende et 2 ans de prison.

S’il ne s’agit pas là d’une obligation, les restaurateurs ont toutefois la possibilité d’installer le système du “doggy bag” dans leurs établissements. La démarche, nettement recommandée par l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie, permet aux clients de repartir avec les restes de leur repas et ainsi de réduire le gaspillage alimentaire et la production de bio-déchets. Si nos voisins anglo-saxons ont largement adopté cette démarche, les Français, eux, ne sont pas encore habitués à emporter leurs restes. D’après L’Express, ils jettent en moyenne 20 kg de nourriture par an, tandis que sur chaque repas pris au restaurant, entre 210 et 230 grammes de nourriture sont perdus.